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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 08:30

La centrale thermique d'ex-EDF de Porcheville (78) vient de s'éteindre définitivement ce 1er mai 2017 dans l'indifférence générale de ceux qu'on nomme grands

Piqué du blog de mon ami, Roger Colombier.

 

Cette fermeture totale n'était pas programmée sitôt. Surtout, lors de la vague de froid de cet hiver, la centrale de Porcheville avait été sollicitée pour augmenter la consommation électrique française en fonction des besoins des ménages.

Mais comme l'écrit Usine nouvelle du 2 mai 2017, l'un des médias du capital, la centrale de Porcheville était "peu rentable". Oui, dans notre mauvaise France, quand on veut noyer l'emploi des agents à statut et celui des sous-traitants, on accuse qu'il y a un foyer de rage, pardon de non-rentablité.

Des emplois en moins dans le Mantois particulièrement sinistré par le chômage et la précarité de masse, cela n'a pas fait ciller celles et ceux que l'on nomme grands. Il faut s'en souvenir pour les élections législatives de juin prochain.

En effet, la centrale de Porcheville définitivement HS entre bien dans la politique d'Engie, l'ex-EDF nationalisée après la Libération de la France: Engie supprime 1 900 emplois en France et délocalise certains pans d'activité vers des pays à faible coût de main d’œuvre, en particulier le Maroc.

Mais le communiqué de la CGT de l'énergie fera-t-il la une des médias du Mantois lors de leur prochaine édition, en liaison avec la fermeture de la centrale de Porcheville? Quant à ceux dénommés grands dans le Mantois, il y a bien longtemps que la chose était enterrée.

Et comme disent la droite et son extrême, la gôche et puis d'autres encore:

La centrale thermique d'ex-EDF de Porcheville (78) vient de s'éteindre définitivement ce 1er mai 2017 dans l'indifférence générale de ceux qu'on nomme grands
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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 07:17

L'article a été publié mercredi 29 mars 2017.

 

Pour signer la pétition, c'est par ici: http://www.petitionduweb.com/Petition-non-la-fermeture-du-bureau-de-poste-jean-jaurs-1004104.html

Le Courrier de Mantes. MANTES-LA-VILLE. Les riverains tiennent à garder leur vieux bureau de poste.
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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 09:31

Le 20 février dernier, le maire a dévoilé (en partie évidemment) les grands axes du budget municipal qui sera présenté au Conseil le 27 mars prochain.

 

Au-delà des mensonges par omission (« les impôts n’ont pas augmenté depuis 2011 » … mais de 8,5% en 2009 et 30% en 2010—NDLA), les subventions aux associations sont bloquées cette année encore (elles perdent chaque année le montant de l’inflation) et les investissements vont se limiter à l’entretien de quelques écoles, de crèches, d’équipements sportifs et aux travaux de dédoublement de l’école Uderzo (pour ne pas avoir à construire une autre école).

 

Pour ce qui concerne le personnel communal, la purge a été si sévère qu’en 2015 le nombre de fonctionnaires (emplois statutaires) est maintenant minoritaire dans l’ensemble des effectifs municipaux (sur 1.324 salariés, seuls 640 sont fonctionnaires).

Une purge et des conditions de travail dégradées qui se traduisent notamment par un taux d’absentéisme de 13,7%, largement supérieur à la moyenne nationale.

 

Enfin pour ce qui concerne les impôts locaux, le fait que les taux n’augmentent pas ne signifie pas qu’il n’y aura pas d’augmentation des impôts locaux.

D’abord parce que ces taux s’appliquent à des bases que l’Etat a revalorisé cette année du niveau de l’inflation (0,2%), ensuite parce que la communauté urbaine n’a pas encore voté son propre taux à l’heure où ces lignes sont écrites.

 

Cliquez ici pour retrouver la lettre d'informations municipales (en PDF)

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 10:10

Jusqu'au 13 janvier, les salariés des très petites entreprises sont appelés à désigner leurs représentants dans les commissions paritaires régionales.

 

Au moment où - à coups de lois "Macron" et "travail" - les droits des salariés sont remis en cause, il va être important de se donner de véritables défenseurs.

 

Pour ce qui me concerne, mon choix est fait (ainsi que mon vote), je vote CGT.

 

Vous trouverez ci-dessous et en lien, le site internet de la CGT pour ces élections.

TPE. Un vote de résistance: le vote CGT.
TPE. Un vote de résistance: le vote CGT.
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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 07:28

Madame, Monsieur,

 

Je me permets de vous donner à voir, ci-dessous, le numéro 75 de L'opinion des communistes (4° trimestre 2016).

 

Au menu notamment:  la vraie priorité (l'augmentation des salaires, pas la présidentielle en pages 1, 2 & 3), les ravages du clientélisme à Mantes-la-Jolie (page 4).

 

Je vous en souhaite bonne lecture,

 

bien à vous,

 

Marc Jammet

Conseiller municipal PCF de Mantes-la-Jolie

L'Opinion des communistes en fichier PDF

Même avec un salaire, on n'y arrive plus.
Même avec un salaire, on n'y arrive plus.
Même avec un salaire, on n'y arrive plus.
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 07:27

Jeudi 15 septembre, contre la loi travail, les organisations syndicales appellent à une journée nationale d'actions.

 

En Ile de France, elle se traduira notamment par une grande manifestation parisienne.

 

L'Union locale CGT de Mantes, pour sa part, met à disposition des cars pour se rendre à la manifestation.

Le départ est prévu devant le siège de l'Union locale (19 rue de La Vaucouleurs à Mantes-la-Ville). Attention, réservation obligatoire au 01 30 33 59 91

 

Extrait de "L'opinion des communistes" 3° trimestre édité par la section de Mantes-la-Jolie du PCF

Extrait de "L'opinion des communistes" 3° trimestre édité par la section de Mantes-la-Jolie du PCF

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 07:42

Liquidation du Code du travail: l'UE l'avait "conseillée" le 14 juillet 2015

Pour ne pas dire plus tant le capitalisme libre et non faussée commande en Europe et ce dans tous les domaines. 

Voici donc les"recommandations européennes" sur le droit du travail français:

 

Les notes des auteurs du blog sont en caractères gras italiques bleues.  

Les extraits  du texte du conseil européen en noir.

----------

La loi sur le travail est directement issue des recommandations de la commission de Bruxelles qui impose sa politique sociale à la France !

 

Vous avez cru voter pour des députés français ?  

C'est vrai pour certains.  

Mais les députés qui voteront cette loi sont les esclaves volontaires de Bruxelles.  

Ils voteront en réalité pour les consignes européennes, élaborées avec la participation de Hollande-Moscovici-Valls-Sapin. 

Sans oublier Gattaz et le grand patronat européen en coulisse ... 

Les recommandations européennes ne sont que le cache-sexe du gouvernement socialiste, de la droite et du patronat.

 

Il ne nous reste plus qu'à combattre à la fois l'Union Européenne, le patronat et le pouvoir socialiste !

 

Pour cette « loi sur le travail », le gouvernement Valls3 s'appuie, entre autres,  sur une recommandation du 14 juillet 2015 du conseil européen ( sur proposition de la commission ...) à la France.

 

Ci-dessous quelques morceaux choisis de ces recommandations :

 

Recommandation pour baisser le salaire minimum et les salaires en général.

«  Le coût du salaire minimum reste élevé […] Le salaire minimum devrait évoluer d'une manière plus propice à la compétitivité [...] »

« La France devrait prendre des mesures résolues pour supprimer les seuils réglementaires prévus par le droit du travail [...] »

 

Bruxelles regrette qu'il n'y ait pas davantage de dérogations concernant les contrats de travail :

 

Il faudrait « Réviser le cadre juridique régissant les contrats de travail pourrait aider à réduire la segmentation. 

Les réformes menées récemment n'ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche par des accords d'entreprises

Cela limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins."

Le gouvernement Valls III applique les recommandations dans sa loi sur le travail:

 

"Les branches et les entreprises ont la possibilité de déterminer de façon souple, au cas par cas et après négociations avec les partenaires sociaux, à quelles conditions il y a lieu de déroger à la durée légale du travail de 35 heures par semaine,[...] »

 

« Très peu d'entreprises ont fait usage des nouveaux dispositifs permettant un assouplissement des conditions de travail dans le cadre d'accords d'entreprise. 

Ce dispositif devrait être revu afin de donner plus de latitude aux entreprises pour adapter les salaires et le temps de travail à leur situation économique. "

 

Malgré les analyses qui démentent l'efficacité de la mesure, la dégressivité des allocations chômage est proposée par Valls 3.  

C'est que ça figure dans les fameuses recommandations  :

 

"Des mesures structurelles sont nécessaires pour garantir la soutenabilité du système. 

En particulier, les conditions d'éligibilité, la dégressivité des allocations et les taux de remplacement pour les salaires les plus élevés devraient être réexaminés par les partenaires sociaux chargés de la gestion du système. "

 

"Fait à Bruxelles le 14 juillet 2015

 

Par le Conseil

Le président

Pierre Gramegna"

 

Note : Pierre Gramegna est ministre luxembourgeois des Finances.  

On peut se demander à quel titre il signe des recommandations à la France.  

Il représente tout simplement le conseil de l'Union Européenne auquel il participe - tout comme Emmanuel Macron ou Michel Sapin - quand il est question de Finances. 

Le conseil de l'Union européenne émet ces recommandations sur propositions de la commission européenne. 

La complexité du parcours des décisions permet d'occulter la responsabilité des ministres français et du président français dans la prise des décisions européennes ...

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 18:19

stop-tafta-169

Soirée-Débat STOP TAFTA avec Frédéric VIALE, économiste, du Conseil Scientifique d’ATTAC France

mardi 15 mars de 20h00 à 22h00

 

TAFTA : Trans Atlantic Free Trade Agreement
PTCI : Partenariat Transatlantique sur le Commerce et l’Investissement
TTIP : Transatlantic Trade and Investissement Partnership
GMT : Grand Marché Transatlantique

 

Plusieurs noms pour un même projet de libre-échange et d’investissement entre l’Europe et les Etats-Unis en cours de négociation dans le quasi secret depuis juillet 2013 !

 

Un autre projet, le TISA réunit les États-Unis et les 28 pays membres de l’Union Européenne, l’Australie, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa-Rica, Hong-Kong, l’Islande, Israël, le Japon, le Liechtenstein, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, le Panama, le Paraguay, le Pérou, la Corée du Sud, la Suisse, Taiwan et la Turquie.
 

Un danger pour l’emploi, la sécurité alimentaire, les services publics, la protection sociale, l’environnement, la démocratie … La population de l’Uruguay l’a bien compris et a fait pression sur son gouvernement qui vient de rejeter le TISA.

 

NOS QUESTIONS SUR CES TRAITES SONT LEGITIMES et CONCRETES :

 

Quel avenir pour les normes sanitaires agricoles ? Quels effets sur notre alimentation ?
 

Nos services publics pourront-ils encore être protégés et financés ?
 

L’inspection et le code du travail seront-ils illégaux, menaçant encore plus l’emploi?
 

Aurons-nous plus de médicaments génériques ?
 

Nos retraites par répartition seront-elles démantelées ?
 

Les biens communs comme l’eau et l’énergie seront-ils complètement privatisés ?

 

De multiples raisons de dire Non au Grand Marché Transatlantique !
LES LOBBYS DES MULTINATIONALES TUENT LA DEMOCRATIE

 

Tous les secteurs de la vie économique et sociale sont potentiellement concernés par ce projet d’accord de commerce et d’investissement : alimentation, santé, énergie, culture, services publics, régulation financière etc…
 

Les lobbys de l’agroalimentaire quotidiennement à l’oeuvre pour empêcher la mention d’OGM sur les étiquetages (Nestlé, Monsanto, Coca Cola…) sont ceux qui font le plus de pression en faveur du traité, dépassant même les secteurs pharmaceutiques, de l’automobile et financier !
 

Avec la suppression des droits de douane prévue et la reconnaissance mutuelle des normes, la qualité des aliments risque d’être alignée sur les normes les plus basses : adieu l’agriculture paysanne et bonjour la compétition sauvage destructrice d’emplois et d’environnement!
 

Les lobbys de l’industrie pétrolière, ont permis d’ores et déjà, l’entrée du pétrole issu des sables bitumineux, véritable catastrophe environnementale !
 

Le Tafta permettrait à des entreprises privées d’attaquer les États et d’exiger des dédommagements exorbitants si elles considèrent que les législations de ceux-ci compromettent leurs investissements et leurs profits.
 

Les jugements seraient établis par des tribunaux privés composés d’avocats et de juristes recrutés parmi les grands cabinets d’avocats d’affaires internationaux et payés à la mission, sans contrôle de leur impartialité et sanction par une magistrature indépendante !

 

Imposons une véritable transparence et décidons de notre mode de vie !

 

Un AVIS à SUIVRE
 

La députée allemande Katja Kipping a pu lire le texte du Tafta en salle de lecture restreinte et fait part de son inquiétude « …Ce que j’y ai lu ne peut me faire revenir sur l’avis négatif que j’ai depuis le début sur ce TAFTA.  »

« Il est déjà très significatif de voir que le Ministère des Affaires économiques adopte toutes ces mesures pour empêcher que le texte de l’accord ne soit divulgué.

En fait, ils ont toutes les raisons de faire comme cela.

Car quiconque voudrait entrer dans ces négociations avec l’objectif de protéger l’environnement, le consommateur et les conditions de travail, n’aurait aucune raison d’avoir peur de la transparence.

A l’inverse, ceux qui sont déjà à l’oeuvre pour brader la démocratie n’ont évidemment pas envie de finir sur la sellette de l’opinion publique. 

Si Sigmar Gabriel et les négociateurs sont réellement convaincus des bénéfices du TAFTA, pourquoi ne rendent-ils pas le texte public sur Internet ? »

 

Depuis des décennies, nous luttons pour la souveraineté alimentaire, les biens communs, l’emploi, pour défendre nos terres, la biodiversité, les libertés, et pour reconquérir la démocratie.

Nous avons fait entendre nos voix et nous avons remporté des victoires. 

Ensemble, nous pouvons arrêter les accords en cours de négociation.

 

Nous pouvons faire avancer nos alternatives pour un nouveau modèle économique et commercial qui respecte l’environnement, place les droits humains avant les profits des multinationales…

 

3,4 millions de citoyens européens ont déjà signé la pétition.

 

Rejoignez -les sur : https://www.collectifstoptafta.org/agir/article/signez-l-ice-auto-organisee
 

145 collectifs locaux — 586 collectivités « hors TAFTA » ou en vigilance

 

A l’initiative du Collectif Stop Tafta Val de Seine avec des citoyens, Attac 78Nord, Solidaires78, Nouvelle Donne Yvelines N/O, Ensemble les Mureaux, PCFMureaux, PG 8/9, NPA VDS, Europe Ecologie Mantois, le CRIC. Avec le soutien des Biocopains et la Biocoop d’Epône.

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 18:56

Certains auraient bien voulu faire taire les revendications en tentant d'imposer le silence au nom de "l'union nationale".

 

Cela ne se fera pas avec la CGT - notamment l'Union locale de la région mantaise qui convient les salariés de notre région "à s'occuper de leurs affaires" mercredi prochain à 9h00 devant les locaux du GIRM (patronat local) et à 11h00 devant ceux de la députée de notre circonscription.

Mercredi 2 décembre. La CGT mantaise au GIRM (patronat) et à la permanence de la députée
Mercredi 2 décembre. La CGT mantaise au GIRM (patronat) et à la permanence de la députée
Mercredi 2 décembre. La CGT mantaise au GIRM (patronat) et à la permanence de la députée

Télécharger le tract de la CGT c'est par ici

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Publié par Marc Jammet - dans Mantes la Jolie Emplois
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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 00:37

Faire ses courses en ligne, pour une livraison rapide, c’est bien pratique. 

Sauf que, dans les rayons des entrepôts, une autre course se déroule, pour préparer au plus vite les produits achetés. 

Découvrez les coulisses des hypermarchés connectés, grâce aux témoignages étonnants de deux employés de l’enseigne Chronodrive de l’agglomération toulousaine, une chaîne de cybermarchés lancée en 2004 par le groupe Auchan. Rebecca et Julien, 20 ans, étudiants en médecine à Toulouse, en quête d’un revenu pour payer leurs études, y racontent leur marathon permanent au service du client sous la pression des managers.

 

Cet article a initialement été publié dans la revue Z

 

Rebecca  : On avait besoin d’un peu d’argent, on ne trouvait pas de boulot ailleurs. 

Chez Chronodrive, c’était facile. 

J’ai postulé par Internet. 

À l’entretien d’embauche, ils nous ont dit qu’il fallait être disponible le samedi, avoir de l’énergie, le sens du relationnel. 

On te propose un CDI d’office et tu choisis le nombre d’heures que tu veux. J’ai pris dix heures par semaine. 

Les employés sont tous très jeunes, il y a beaucoup d’étudiants.

 

Le premier jour, les responsables de secteur étaient sympathiques, c’était très « On forme une grande famille ». 

Ils se présentent par leur prénom, on se tutoie tous. 

Ils te rassurent : « On sait que vous n’allez pas être rapide, ne vous inquiétez pas, faites à votre rythme. »

 

J’ai découvert mon lieu de travail, un grand hangar avec des alignements d’étagères numérotées et des niveaux, numérotés également. 

Une sorte de supermarché sans clients. 

Moi, je travaillais au frais, à trois degrés. 

Ils nous ont donné un bonnet et des gants. 

Il faisait froid, j’étais un peu surprise. 

Après je me suis mieux habillée.

 

« La montre-écran au poignet, ça leur permet de t’identifier »

 

Le matin, tu mets ta montre-écran à ton poignet, une sorte de petit ordinateur. 

Tu fais ton code. 

Ça leur permet de t’identifier, c’est comme si tu pointais. 

Là, la première commande s’affiche, avec le nombre d’articles. 

Tu ne connais pas la nature des articles que tu vas chercher. 

Juste un chiffre qui correspond à un emplacement. 

Tu as un numéro pour le rayon, un autre pour l’étagère, un autre pour le niveau. 

Tu mets trois ou quatre articles par sac dans une caisse en plastique puis dans un chariot roulant. 

Ça peut être très lourd.

 

L’objectif, c’est d’aller le plus vite possible, pour que le client ait ses courses dans son coffre rapidement. 

Le lendemain, tu as ton classement sur un grand tableau : ton nom, ton prénom et ton score. 

Les trois premiers classés sont surlignés d’une couleur, les trois derniers d’une autre couleur. 

C’est un score de productivité, calculé selon le nombre d’articles scannés en une minute et le nombre de commandes par jour.

 

Au début ils te disent : « Tu fais les commandes comme tu peux. » 

Ensuite tu comprends qu’il faut courir si tu ne veux pas te faire engueuler. 

Dès que tu ne cours pas, le chef te voit. Il est à un angle de mur derrière une vitre, dans un bureau, et il crie dans son micro : « Rebecca je te vois, tu cours pas, là. Dépêche-toi ! » 

Il n’y a pas d’horloge, et j’ai même eu droit à des remarques uniquement parce que je regardais ma montre ! 

Les ordres t’arrivent par un haut-parleur dans le frigo géant. 

Tous les autres l’entendent.

 

J’ai commencé à me faire punir.

 

On ne m’avait pas dit que ce serait aussi physique. 

Même après plusieurs jours, je suis restée dans les dernières. 

J’ai commencé à me faire punir. 

Je n’avais plus le droit de parler avec mes collègues. 

Et puis ensuite ils m’ont supprimé ma pause pipi. 

Et pour moi c’est difficile de ne pas aller aux toilettes pendant trois heures ! 

Ma punition c’était aussi la mise en rayons. 

Il fallait mettre des cartons remplis de boîtes de conserve sur les étagères. 

On était quatre à le faire avec un seul escabeau. 

À la fin je ne faisais que ça. 

Physiquement c’était très dur. 

Quand on n’est pas bon, on n’a pas le choix. 

Mais entre nuls on s’entraide, parfois des collègues me filaient un coup de main.

 

Julien : Au début j’étais à fond. 

C’est quand même admirable : les marchandises sont tellement bien classées. 

On m’a dit que le score de productivité minimum, c’était 200. 

Sans courir, on les faisait pas.« Dépêchez-vous, à Bordeaux ils courent », on nous répétait. 

L’obsession, c’était de passer devant ce magasin et que notre centre à Basso Cambo devienne troisième de France. 

Mais une fois que tout le monde eut atteint les 200, ça ne suffisait plus. 

Là tu commences à avoir la boule au ventre quand tu vas au boulot. 

Dès que tu as atteint un objectif, on t’en donne un nouveau. 

Quand tu sais que tu auras toujours un nouvel objectif, c’est démotivant, tu n’as plus envie de l’atteindre. 

Les chefs de secteur sont aussi en compétition entre eux. Ils nous disaient : « Vous comprenez, si vous ne travaillez pas, c’est moi qui ne vais pas atteindre mes objectifs. »

 

« Le surgelé, c’est pour les rebelles. »

 

Il y a différentes sonneries. 

Quand une commande attend depuis plus de trois minutes, ça sonne dans l’entrepôt. 

Et puis il y a la « cavalerie » : ça paraît ludique mais ça ne l’est pas du tout. 

C’est quand il y a plus de trois clients à l’accueil dont la commande n’est pas encore prise. 

Il faut décrocher de son poste pour aller s’occuper d’eux. 

Mais attention, interdit de courir quand on livre, « ça stresse le client ».
 

Je travaillais de 5 h 30 à 8 h 30 du matin. 

Tu as trois minutes de pause par heure.

 

Moi, j’avais un contrat de douze heures réparti sur quatre ou cinq jours. 

Je gagnais 350 euros. 

Mais je faisais tout le temps des heures supplémentaires. 

T’as pas vraiment le choix. 

Ils préfèrent les contrats à temps partiel, comme ça ils comptabilisent tes heures supplémentaires en heures « complémentaires ». 

Elles sont payées en heures normales… 

Lorsque j’ai refusé, ils sont devenus désagréables : « Sympa pour samedi ! On était vraiment dans la merde. » 

Tu peux aussi te retrouver au surgelé, à -18 degrés, sans gants. 

Le surgelé, c’est pour les rebelles. 

Tu prends les produits à la sortie du camion, tu places les produits tout au fond, les mains dans la glace. 

Ça fait mal.

 

Une fois par mois, le magasin est ouvert aux clients. 

Là, il ne faut plus courir, il faut sourire. 

Les haut placés viennent travailler avec nous, ils prennent les caddies. 

Il y a une super ambiance, les chefs sont sympas, ils rigolent.

 

Interdite d’aller aux toilettes

 

Rebecca : Je travaillais tout le temps avec un mec aux 35 heures, qui était premier du classement. 

C’était le sbire du chef de secteur. 

Il allait lui cafter s’il me voyait parler. 

Une fois, on empilait des caisses vides tous les deux, et il a posé sa pile sur la mienne alors que j’avais encore mes mains dessous. 

Je n’étais pas assez rapide, il a lancé :« Tu te les reprendras sur les doigts si tu t’améliores pas. » 

Quand je ne trouvais pas les articles, si je lui demandais il me disait que j’étais nulle, que je n’avais pas à poser de questions. 

C’est vraiment lui qui m’a décidée à partir.

 

Le boulot me rendait malade. 

La veille, je n’arrivais plus à manger ni à m’endormir alors que je me levais à 4 heures. 

J’ai posé ma démission un jour avant la fin de ma période d’essai. 

Je disais : « Vous n’avez pas le droit de m’interdire d’aller aux toilettes » ; ils répondaient : « On connaît la loi, si on te le dit c’est qu’on a le droit [1]. »

On ne s’organise pas. 

On ne se syndique pas. 

On peste sur le chemin avec quelques collègues, on se raconte nos colères. 

Et ça continue.

 

Les primes de fin d’année supprimées

 

Julien : Tous les deux mois, nous étions convoqués pour faire le point sur les primes. 

Un soir, ils nous montrent les chiffres de notre magasin, qui était enfin passé troisième de France, devant Bordeaux. 

Ils avaient gagné 18 millions d’euros sur l’année, avec + 40 % de chiffre d’affaires. 

Ils nous expliquent que nous n’aurons pas notre prime car il y a eu deux arrêts maladie et un accident de travail, et ça a coûté trop cher à la boîte. 

Ils te disent que tu en es aussi responsable : «  C’est à toi de faire attention aux gens quand ils grimpent sur les escabeaux. Il faut leur dire, sinon après ils tombent, ils se font mal et ils prennent un arrêt de travail. » 

Il y avait aussi des dépenses à cause de badgeuses défectueuses. 

On y était pour quoi ?

 

Là je me suis dit : ils ne sont pas honnêtes. 

Être dur, OK, mais la moindre des choses c’est d’être honnête. 

Ça m’a décidé à partir. 

Quand j’ai déposé ma démission, ils m’ont dit : « T’as pas le droit, t’as pas encore passé assez de temps avec nous. » 

Je savais que j’étais dans mon droit. 

Le dernier mois, ils m’ont mis tous les matins à 5 heures, ils ne me parlaient plus. 

Trop de gens démissionnent, alors il y a toujours des annonces sur le site, ils sont en recrutement permanent. 

Ça m’arrivait de faire mes courses sur Chronodrive. 

Je ne fais plus mes courses là-bas. 

C’est une question d’honneur. Il y avait un gars qui travaillait là depuis deux ans. Il disait : « Moi, si je gagne la cagnotte de l’Euro Million, je rachète Chronodrive et je le brûle. »

 

Propos recueillis par : Naïké Desquesnes (Revue Z)

 


Izi Baby, ce boîtier connecté pour faire ses courses…depuis son réfrigérateur

 

Chronodrive a lancé en mars 2015 la « liste intelligente », aka le nouvel ami du consommateur : « Izy ». 

Ce boîtier connecté rond et blanc a été conçu par la société californienne Hiku, basée dans la Silicon Valley. 

Il peut s’aimanter sur le frigo et permet de scanner le code-barres des produits à disposition dans notre cuisine ou de dicter vocalement leurs noms. 

Grâce à une application téléchargeable, l’appareil transmet par Wi-Fi les informations au « panier en ligne ». 

Un dernier clic via votre smartphone, et la commande est faite ! 

Un gadget technologique à 29,90 euros pour gagner encore et toujours plus de temps et permettre ainsi à Chronodrive de rester en tête du marché de la consommation éclair. 

Dur, dur de rester speed : la concurrence devient de plus en plus rude dans le secteur du drive. 

14 des 75 sites de Chronodrive en France ont fermé l’an dernier, et plusieurs projets d’ouverture ont été gelés. 

La famille Mulliez, actionnaire de référence de Chronodrive et propriétaire du groupe Auchan, réfléchit aux meilleurs moyens de sauver le taux de profit dans le secteur…

 

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