Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Marc Jammet, conseiller municipal PCF de Mantes la Jolie

Grèce. Changement ? Il suffirait de presque rien …

28 Janvier 2015, 08:36am

Publié par Marc Jammet

Grèce. Changement ?

Il suffirait de presque rien …

 

Une vraie politique de gauche va-t-elle pouvoir se mettre en place en Grèce ou les espoirs du peuple vont-ils être rapidement et une fois de plus déçus ?

 

Pour mettre en place une politique de gauche, il faut pour cela une majorité et, avec 149 sièges sur 300, SYRIZA l’a à elle toute seule.

Car, contrairement à ce qu’on a pu entendre ici ou là pour justifier une injustifiable alliance, il n’y avait aucune autre alternative politique du point de vue de la constitution.

Le parlement grec compte, en effet, 300 députés. Si l’on enlève à ce nombre les députés SYRIZA, il en reste 151. Et si l’on enlève à ce nombre, les 15 députés communistes (KKE), il n’en reste plus que 136.

Autrement dit, même une alliance improbable entre la droite, le parti socialiste, le centre, la droite souverainiste (le parti des grecs indépendants, « filiale » grecque de Dupont-Aignan) et Aube Dorée (extrême-droite) ne pourrait proposer une majorité même relative (136 députés au maximum contre 149 à SYRISA seule)

 

Avec le Parti communiste grec, SYRIZA l’aurait largement obtenu (164 sièges sur 300).  Mais on peut comprendre que les allégeances de TSIPRAS aux USA, à l’Union européenne (et à Jean-Claude Junker pour lequel il a appelé à voter au lendemain des élections européennes), au clergé orthodoxe (dont il a qualifié les biens - pourtant pratiquement exonérés d’impôt- de patrimoine commun) ne conduisent pas le PC grec à former une majorité et à disposer de ministres dans un gouvernement à la ligne politique pour le moins aussi floue.

 

Dans le même temps, le KKE (PC grec) a déjà annoncé qu’il voterait toutes les lois progressistes.

 

Et, parmi elles, il y en d’évidentes pour qui se veut de gauche.

 

La laïcité et la justice fiscale.

En Grèce, les popes et évêques sont payés par l’Etat pour un budget annuel de 220 millions d’euros. L'Eglise est le deuxième propriétaire foncier (derrière l'Etat grec), mais n’est pas imposée avec 130 000 hectares de terrains. "Il s'agit de forêts, de terrains non constructibles", explique Vassilis Meichanetsidis du service de communication de l'archevêché d'Athènes. Il s'agit aussi d'immeubles dans les quartiers chics d'Athènes ou dans les riches banlieues balnéaires au sud de la capitale. L'Eglise est actionnaire à hauteur de 1,5 % de la Banque nationale de Grèce, avec un représentant au conseil d'administration, l'évêque de Ioannina, Théoklitos, qui aurait touché selon le magazine financier Forbes 24 000 euros en 2008 en jetons de présence.

 

La justice fiscale toujours. Les armateurs grecs.

A lui seul, le transport maritime représente 6% du PIB grec. Mais ces entreprises sont exemptes de l’impôt sur les sociétés ne réglant qu’une faible taxe sur le tonnage mais qui a pourtant déjà rapporté 145 milliards d’euros en 10 ans à l’état grec. C’est dire ce que pourrait rapporter un tel impôt sur les profits des sociétés.

 

Ajoutons- y également le non-remboursement d’une partie de la dette (indue) et on aura une idée de la possibilité d’augmentation des salaires, de lois sociales, de moyens pour une éducation devenue nationale …

Une véritable politique de gauche pour laquelle une majorité existe (ou devrait exister) au Parlement grec.

 

Un accord injustifiable de gouvernement.

L’accord de gouvernement de SYRIZA avec le Parti des Grecs indépendants va complètement à l’encontre d’une telle démarche.

Car le Parti des Grecs indépendants n’est même pas un parti de centre-droit. Non, c’est un parti de la « droite dure » - comme « Debout la France » chez nous qui passe maintenant pratiquement des accords avec le Front national.

Créé en 2012 à la suite d’une scission de Nouvelle Démocratie (droite classique), son dirigeant n’est autre que Panos Kammenos qui, délégué aux transports maritimes, a privatisé en 2009 une partie du port du Pirée à Athènes.

C’est le même Kammenos qui a été décoré de la légion d’honneur par Nicolas Sarkozy pour « son aide dans la lutte contre le terrorisme ».

Et c’est donc le même qui dirige ce parti qui prône un rôle plus important de l’Eglise orthodoxe dans la vie politique grecque, préconise l’expulsion des clandestins et la mise en place de quotas d’immigration.

 

Du coup, ce gouvernement qui s’est attaché à rassurer les citoyens qui n’en pouvaient plus de l’austérité mais aussi les puissances d’argents et politiques en Europe … peut-il tenir tous ses engagements : lutter contre l’austérité et ne pas toucher au système capitaliste en place ?

 

Dimanche dernier SYRIZA a réalisé 36,34% des voix autour d’un programme « rassurant » bien loin « de la mise au pas de la Finance » prônée par François Hollande (51,63% en 2012) et encore plus loin du programme du programme de François Mitterrand (52% en 1981) qui passerait presque pour un dangereux extrémiste avec son programme de nationalisations.

 

François Hollande aussi avait rassuré tout le monde – des salariés aux tenants du capital. Quelles promesses au bout du compte a-t-il tenu et … pour qui ?

 

Pour autant rien n’est joué en Grèce à condition qu’on n’oublie pas un acteur incontournable : le mouvement social.

 

Et là l’influence du KKE au sein même de ce mouvement social et la remontée de son influence malgré la vague rose sont des éléments déterminants pour la lutte … qui va continuer.

 

 

wolinski cocos lit

Commenter cet article