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Le blog de Marc Jammet, conseiller municipal PCF de Mantes la Jolie

12 août 1942. Mantes la Jolie. Quand Fernand Bodet attaquait l'école Ferdinand Buisson.

26 Septembre 2011, 16:41pm

Publié par Marc Jammet

Michel BODET porte un nom bien connu à Mantes la Jolie puisqu'il s'agit aussi de la rue rejoignant la rue de Gassicourt au boulevard du Maréchal Juin en passant devant les deux lycées de notre commune.

La rue Fernand Bodet porte le nom d'un de nos résistants mantais: celui qui osa attaquer l'école Ferdinand Buisson où stationnaient les troupes d'occupation.

Michel

Son fils - Michel Fernand BODET - m'a fait l'honneur d'accepter de figurer sur la liste que je conduis. "En dernière place" m'avait-il précisé. Il a été exaucé bien entendu.

Je suis très fier de compter ce grand Monsieur dans ma liste.

Je reproduis, ci-dessous, l'article que j'avais consacré à son père le 26 septembre 2011. 

 

 

Au cours des vacances scolaires de 1942, le groupe Ferdinand Buisson à Gassicourt est transformé en casernement pour les troupes d'occupation. 

 

Après une surveillance exercée par les agents de renseignements, la Résistance connaît les heures et l'endroit où se pratique la relève des gardes. 

 

Le groupe FTP (Francs Tireurs et Partisans créés par le PCF) passe à l'action dans la nuit du 11 août 1942, en partant d'un pavillon entouré d'un jardin de l'autre côté de la rue Ferdinand Buisson. 

Après avoir franchi les clôtures, bien abrité de la vue de la sentinelle, le groupe de trois lance simultanément ses trois grenades au travers des grandes fenêtres de la classe servant de dortoirs.

 

Madame David, interviewé par le journal "Yvelines Renaissance" (hebdomadaire de la fédération des Yvelines du PCF qui deviendra ensuite "Yvelines-Dimanche") du 21 août 1974 déclare alors:

 

"Je me souviens très bien, j'ai entendu trois détonations, j'ai regardé ma pendule, il était 23 heures. Les Allemands hurlaient et s'enfuyaient en chemise. L'attaque avait eu lieu de notre jardin. Les officiers relevèrent les traces de pas dans notre jardin , car tout un coin avait été piétiné. Ils pensaient que mon mari avait participé à l'attaque. Or mon mari, qui était cheminot, était parti à Caen, ce qui était facilement vérifiable et le mettait hors de cause. Je leur dis très tranquillement: "allez vous renseigner au dépôt de Mantes!".

 

Pendant une semaine des chevaux de frise interdirent l'accès au quartier, seuls les habitants sur présentation de pièces d'identité pouvaient y circuler.

 

Les renseignements obtenus auprès d'un agent de police ami de la Résistance apprirent que le bilan de cette action était de deux tués et douze blessés parmi les Allemands. Quant à la presse locale, elle écrivit "qu'il s'agissait d'une bagarre entre soldats!".

 

Quelques jours plus tard, Fernand Bodet - qui en est à sa 14° action dans la région mantaise - est filé par la Gestapo et son arrestation devenue imminente, il quitte Mantes la Jolie pour la région de Tourville-la-Rivière où d'importantes responsabilités lui sont confiées.

 

Le 14 juillet 1944, des manifestations patriotiques se déroulent dans plusieurs endroits du département de l'Eure. Fernand Bodet doit organiser la protection des patriotes. 

 

Sur la route, la voiture est interceptée par un barrage établi par les gendarmes allemands. Surpris, Fernand Bodet et ses camarades sont maîtrisés et fusillés dans les heures qui suivent.

 

Une stèle rappelle son sacrifice et une rue de Mantes la Jolie porte son nom.

 

(Source. "Le Mantois sous la botte" de René Martin et Louis Racaud)

 

 René Martin, après la mort de Louis Cauzard, devint Président du Comité de Libération clandestin. Elu conseiller général de Mantes la Jolie en 1967, il devint maire de Mantes la Ville en 1977. Décédé le 20 décembre 2010, j'ai proposé au maire de Mantes la Jolie qu'une rue ou qu'un édifice porte son nom. Refus du maire de Mantes la Jolie.

 Louis Racaud fut Vice-président du Comité de  Libération Clandestin. Syndicaliste cheminot, il occupa d'importantes responsabilités syndicales. Il fut également élu conseiller municipal communiste de 1977 à 1989.

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