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Le blog de Marc Jammet, conseiller municipal PCF de Mantes la Jolie

Débat d'orientations budgétaires. Nos priorités.

17 Décembre 2020, 09:53am

Publié par Marc Jammet

Lors du Conseil municipal du 30 novembre dernier, Armelle HERVE est intervenue au nom de notre groupe pour donner à voir nos priorités budgétaires pour cette année:

==> Nous proposons d’augmenter dès à présent le budget du CCAS pour établir des chèques alimentaires, les attribuer aux familles qui en ont le plus besoin et à dépenser dans les commerces de l’ensemble de la ville.

C’est faire d’une pierre deux coups : aider les familles, aider le commerce local.

==> Le mois de mars est proche.

Il faut interdire toutes les expulsions locatives sur le territoire de la commune.

==> Un centre municipal de santé. Ce n’est pas d’une aide financière (local, secrétariat) dans le cadre d’une maison médicale pour des médecins libéraux qui ont déjà leur patientèle, dont ont besoin les professionnels, les habitants, MAIS DE NOUVEAUX MEDECINS.

Des médecins salariés par la ville, dans un centre municipal de santé, organisés autour d’un médecin référent, avec des conditions de travail qui prennent en compte les aspirations nouvelles de ces médecins.

 

Vous trouverez, ci-dessous, l'intervention exhaustive d'Armelle HERVE lors de ce conseil municipal.

 

D.O.B. 2021 Séance du Conseil Municipal du 30 11 2020 (délib n° 15)

  • Etonnée par votre « analyse » de la situation économique internationale. Il est toujours intéressant de citer ses sources (ce qui n’est pas fait), d’être précis dans sa démonstration et de donner des éléments actualisés, or :

 P 4 1.1.1 « Ainsi, après avoir fait face à l’épidémie au 1er trimestre, le rebond rapide de l’activité en Chine permettrait d’atteindre une croissance positive en 2020 et une croissance en 2021 proche de celle de 2019. L’activité aux Etats-Unis reculerait moins fortement en raison de mesures de confinement moins contraignantes mais la reprise serait bridée à court terme par une circulation épidémique plus persistante. En 2020, l’activité reculerait fortement en Inde où l’épidémie n’a pas encore atteint son pic, au Brésil où elle été particulièrement sévère et en Russie où la chute du cours du pétrole accentue le recul. Le recul serait plus modéré en Turquie, où l’épidémie a été mieux contrôlée. Les marges de manœuvre budgétaires limitées et un tissu productif fragilisé limiteraient la capacité de rebond de la majorité de ces économies émergentes. »

Je ne sais pas qui vous a fourni ce kit …

 

Même chose pour votre appréciation sur les 750 milliards d’€ de l’Union Européenne en matière de relance sous forme de prêts et de subvention. Pour qui ?

  • Pour alimenter la trésorerie des grandes entreprises
  • Pour accompagner les plans de licenciements
  • Pour accorder des miettes pour une jeunesse sans avenir, usant des mêmes recettes (c’est-à-dire exonérations de charges pour les entreprises et moins pour notre protection sociale)
  • Et vous rendez-vous compte que de ces milliards, il y a eu une augmentation de 150 € de l’allocation de rentrée ! 100 € de plus pour les étudiants qui bénéficient de l’Aide au logement. Que vont-ils faire de tout cela ?

 

Même remarque pour le plan de relance de 100 milliards débloqué par le gouvernement que vous citez. Juste un petit rappel 100 milliards c’est sur 2 ans ! Sans développer :

  • 1/3 pour la cohésion sociale
  • 1/3 pour les entreprises : dont 10 milliards par an de baisse des impôts de production (qui sont des taxes sur les salaires, cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises)
  • 1/3 pour la transition écologique (lorsque dans le même temps le fret ferroviaire annonce la suppression de 10% des conducteurs pour la filiale SNCF…)

 

… Et toujours rien pour les salaires !

 

Alors forcément on se dit que cette situation, le Covid … vont influer sur vos choix. Nous avions proposé d’autres choix de politique municipale en juillet dernier (DOB et Budget 2020).

 

D’autant que si la majorité des collectivités territoriales, l’Association des Maires de France montent au créneau pour réclamer les moyens de fonctionner, pour avoir les marges de manœuvres que les baissent de dotations obèrent, pour dénoncer les transferts de compétences non compensés … vous, non.

 

Les recettes de fonctionnement connaissent une certaine stabilité voire une petite augmentation compte-tenu justement des difficultés sociales d’un grand nombre d’habitants.

Le Cour des Comptes relevait un taux de pauvreté de 32,5 %.

Autre « statistique » : la CNAF notait 43 % des Mantais en dessous du seuil de pauvreté. Situation d’avant Covid ! Or toutes les associations caritatives s’accordent sur un afflux de nouveaux bénéficiaires de l’aide alimentaire (+45% moyenne nationale pour le Secours Populaire).

Pour la part qui lui revient, la Municipalité doit augmenter le pouvoir d’achat de ses habitants.

Or, dans votre document budgétaire rien en matière de politique sociale.

Pas de « zoom » faisant ressortir vos actions en la matière. Ah si, « la subvention d’équilibre au CCAS est conservée pour 2021, soit 400 000 € ».

  • Nous proposons d’augmenter dès à présent le budget du CCAS pour établir des chèques alimentaires, les attribuer aux familles qui en ont le plus besoin et à dépenser dans les commerces de l’ensemble de la ville. C’est faire d’une pierre deux coups : aider les familles, aider le commerce local.

 

  • Vous vous félicitez d’être « labelisé Cité Educative », mais nourrir son corps est un gage de bien-être pour les élèves et contribue aussi à mieux nourrir son esprit.

Nous reproposons la cantine gratuite : 1 repas gratuit pour tous les enfants scolarisés dans le 1er degré. Selon la CNAF, 2019, 60 % des enfants scolarisés sur la ville sont d’une famille vivant en-dessous du seuil de pauvreté !

 

  • En matière de loyers : pendant le 1er confinement certaines sociétés HLM ont revu les échéanciers des locataires qui avaient des retards de loyer suite à une baisse de revenus, et le gouvernement avait suspendu les expulsions … mais pas les procédures qui, elles, courent toujours. L’effet boomerang sera dramatique pour les locataires du social comme du privé. Le mois de mars est proche. Il faut interdire toutes les expulsions locatives sur le territoire de la commune :
  • Soit le locataire peut payer et donc il y a une solution.
  • Soit il ne peut pas : d’où notre proposition de créer un service municipal « anti-expulsion » pour recenser les retards et trouver d’autres solution avant toute procédure judiciaire (ville/bailleurs ou propriétaire/locataire/partenaires sociaux).

 

  • Autre point sans ambition de votre part : la santé
  • La commune, le Mantois est un désert médical depuis plusieurs années : plusieurs mois d’attente pour un rdv chez un spécialiste, les nouveaux habitants qui ne trouvent pas un médecin car tous sont surchargés et ne prennent pas de nouveaux patients, les plus modestes qui ne peuvent pas se déplacer et aller toujours plus loin. Le Covid aggrave la situation et beaucoup renoncent à se soigner.

Or ce n’est pas d’une aide financière (local, secrétariat) dans le cadre d’une maison médicale pour des médecins libéraux qui ont déjà leur patientèle, dont ont besoin les professionnels, les habitants, MAIS DE NOUVEAUX MEDECINS. Des médecins salariés par la ville, dans un centre municipal de santé, organisés autour d’un médecin référent, avec des conditions de travail qui prennent en compte les aspirations nouvelles de ces médecins en terme de nombre d’heures de travail/nombre de patients/conciliation vie professionnelle et vie personnelle.

Voilà ce que nous défendons dans le domaine social.

 

Pour revenir sur votre « zoom » Cité éducative.

Vous vous félicitez une fois de plus de ce dispositif multipartenarial, co-construit, donc supposé concerté…

Pourtant, il faut attendre le zoom sur la rénovation urbaine pour traduire « la restructuration-extension des écoles Colette-Rousseau-Jonquilles-Bleuets » par la fermeture de 2 maternelles de proximité (Les Anémones et Les Bleuets) – sans concertation, sans information. Obligeant les petits à traverser deux axes routiers fréquentés.

  • Non seulement il faut maintenir un réseau d’écoles de proximité, réhabilité, en petites structures
  • Mais aussi construire une école à Gassicourt et une au centre ville pour les besoins actuels et la scolarisation obligatoire en maternelle.

 

***Faire remarquer vos formulations choquantes à la fin de ce zoom « rénovation urbaine » (p30 : « Elles témoignent de la transformation progressive du quartier du Val Fourré, et de l’attention que porte la commune à l’environnement de ses habitants, première condition de leur intégration ». Quel mépris pour les habitants.

 

Enfin, concernant le personnel communal.

Ce chapitre est pratiquement un copié-collé de juillet (DOB et budget 2020). Avec quelques remarques amenées par le rapport de la Cour des Comptes.

Les dépenses de personnel baissent encore : - 7%

Le nombre de fonctionnaires chute encore : - 5% (-26)

Le nombre de contractuels permanents : +4% (+10)

Aujourd’hui, sur l’ensemble des effectifs de la ville, les fonctionnaires sont à ½ de ces effectifs (un petit peu + de 50%), les autres sont précaires (un petit peu + de 49%).

Vous êtes le 2ième plus gros employeur de la ville et vous créez une situation instable pour la ½ de vos employés. Car développer les contrats, c’est précariser, casser le statut de la Fonction Publique Territoriale. Vous supprimez des postes, vous ne remplacez pas les départs à la retraite. Pas un mot sur le processus de formation, de qualification et de titularisation des agents municipaux pour une réelle évolution de carrière professionnelle et pour des services rendus à la population encore mieux en adéquation avec les besoins de la population.

Les réorganisations de services tout comme le télétravail ont leurs limites. Il faut au contraire stabiliser les salariés, améliorer les conditions de travail pour l’ensemble des personnels.

 

** la mise en place du télétravail ne doit pas se faire n’importe comment et être un « chantage » à un maintien dans l’emploi pour des catégories de personnels qui ont des droits à faire respecter, des aménagements d’horaires pour leur activité (maternité, longues maladies…)

 

 

 

 

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