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Le blog de Marc Jammet.

Le Parisien. Transport des sans-papiers : le curé de Chelles interpelle Pécresse

12 Février 2016, 08:18am

Publié par Marc Jammet

Transport des sans-papiers : le curé de Chelles interpelle Pécresse
Chelles, lundi. Philippe de Kergorlay, le curé de Chelles, a adressé une lettre ouverte à Valérie Pécresse lui demandant de réinstaurer l’aide au transport des sans papiers, qu’elle vient de supprimer.
Chelles, lundi. Philippe de Kergorlay, le curé de Chelles, a adressé une lettre ouverte à Valérie Pécresse lui demandant de réinstaurer l’aide au transport des sans papiers, qu’elle vient de supprimer. (LP/G.P.)

 

A qui est destiné le premier « cadeau » de la nouvelle présidente de la région, Valérie Pécresse ?

« Aux proxénètes et aux dealeurs », si l’on en croit le père Philippe de Kergorlay, qui officie depuis huit ans à la paroisse de Chelles.

Ce dernier s’est fendu le weekend dernier d’une lettre ouverte lui demandant de revenir sur l’une de ses premières décisions en tant que présidente du conseil régional, qui est aussi l’une des plus emblématiques de sa campagne : la suppression de la réduction de 75 % sur le forfait Solidarités Transport, dont bénéficiaient depuis 2004 plus de 110 000 personnes en situation irrégulière.

 

« Ces personnes sont parmi les plus pauvres de notre société.

Les procédures (de régularisation, NDLR) sont devenues aujourd’hui complexes et interminables et obligent à de multiples démarches.

Leurs logements de misère en grande banlieue sont souvent loin de toutes ressources. […]

Priver les plus misérables de toute aide pour le transport, c’est, dans la pratique, les priver de toute aide alimentaire, de tout accès aux droits les plus élémentaires », écrit le prêtre, qui assiste depuis plus de vingt ans les sans-papiers, et précise à leur endroit que « la plupart d’entre eux sont en cours de régularisation ».

 

Le curé estime en outre que cette mesure est une « fausse économie : l’incapacité de se déplacer entraînera une dégradation de l’accès aux soins, ce qui à terme pèsera sur les comptes des hôpitaux ».

Enfin, cette mesure visant directement le portefeuille de personnes « se trouvant dans une extrême précarité », il craint qu’elle ne pousse certains d’entre eux « dans les bras des dealeurs et des proxénètes ».

 

Pas de quoi attendrir Stéphane Beaudet (LR), vice-président chargé des transports au conseil régional, qui reste convaincu que la suppression de cette aide est une « mesure de justice sociale et d’équité » pour laquelle la majorité de droite et du centre a trouvé des alliés dans les rangs du Front national.

 

Une économie de 50 M€ pour la région ? Pas sûr…

 

En supprimant cette aide aux transports versée par le conseil régional, Valérie Pécresse affirme qu’elle va réaliser « 40 à 50 M€ d’économies ».

Un chiffre basé sur « un calcul un peu simpliste », d’après Pierre Serne (EELV), ancien vice-président chargé des transports.

« Ce qui a été voté la semaine dernière, c’est la suppression de l’aide de 25 % du conseil régional, dont le coût s’élève à 14 M€ ». Une aide qui s’ajoute à celle de 50 %, prise en charge par le Stif, et qui devrait être supprimée lors du prochain conseil d’administration, à la mi-février.

Si on additionne les deux, on arrive effectivement à la somme de 42 M€.

 

« Mais la légalité de la suppression de cette réduction de 50 % est contestée », rappelle Pierre Serne, car elle s’inscrit dans le cadre de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains), qui impose la création de tarifs sociaux pour les personnes les plus démunies, tel que le Forfait solidarité transports.

Par ailleurs, « Valérie Pécresse part du principe que les 117 000 personnes en situation irrégulière bénéficiaires de la réduction à 75 % vont se mettre à payer plein pot, ce qui est totalement illusoire vu la précarité dans laquelle elles vivent. »

 

G.P.

 

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